Vous avez peut-être aperçu un parcours installé dans une prairie, avec quelques drapeaux, des pistes tondues et des joueurs qui tapaient tous avec une seule canne. Ce n’était pas un practice mal entretenu ni un golfeur qui avait oublié son sac. C’était du swin golf, une discipline à part entière, avec son matériel, sa balle et ses propres règles.
On le confond souvent avec le swing, le geste du golfeur. Avant d’essayer, trois questions se posent : comment fonctionne ce club unique, comment compter ses coups, et où trouver un parcours qui accueille vraiment les visiteurs ? On reprend tout dans l’ordre d’un trou, du départ jusqu’à la recherche d’un terrain près de chez vous.
Sommaire
- Swin golf : une discipline à part entière, pas un swing simplifié
- Comment une seule canne remplace-t-elle plusieurs clubs ?
- Les règles de base, du départ jusqu’au trou
- Que faire si la balle est perdue ou injouable ?
- Comment jouer un premier trou sans chercher la puissance ?
- Où jouer au swin golf en France ?
- Avant votre premier parcours de swin golf : choisir, puis confirmer
- Swin golf : vos questions fréquentes
- Ce qui distingue le swin golf du golf traditionnel et du pitch and putt, de sa création en 1982 à ses parcours de 4 à 8 hectares
- Le rôle de chacune des trois faces de la canne, et pourquoi le dosage remplace le choix du club
- Les règles de base du départ jusqu’au trou, dont la tolérance des 15 cm et son périmètre exact
- La conduite à tenir face à une balle perdue ou injouable, avec son point de pénalité
- Une méthode simple pour jouer votre premier trou en cherchant le contact plutôt que la force
- Les questions à poser à un club avant de vous déplacer, pour éviter les mauvaises surprises
Swin golf : une discipline à part entière, pas un swing simplifié
Une discipline née en 1982
Le swin golf a été créé en 1982 par Laurent de Vilmorin. Le principe reste celui du golf : amener une balle dans un trou en un minimum de coups. Tout le reste a été simplifié pour faciliter l’accès au jeu. Une seule canne, une balle souple, et un terrain qui n’a rien d’un green de championnat.
Le nom lui-même prête à confusion. Le swin s’écrit sans g, et il ne désigne pas le mouvement du golfeur. Si vous cherchez « swing golf », vous tomberez sur des conseils de backswing ou de finish. Ici, on parle d’un sport qui a son propre matériel et sa propre fédération.
Un parcours compact et rustique
La fédération présente un parcours type comme un espace de 4 à 8 hectares pour 9 à 18 trous. C’est un ordre de grandeur, pas un cahier des charges : chaque terrain compose avec ce qu’il a, une prairie, un bord de bois, un ancien champ. L’herbe n’est pas tondue au millimètre, et c’est voulu. La canne et la balle sont pensées pour ce terrain rustique.
Le score, lui, garde la logique du golf. Vous partez d’une zone de départ, vous jouez la balle là où elle s’arrête, et vous comptez chaque coup jusqu’au trou. Le joueur qui en joue le moins l’emporte.
Ni golf, ni pitch and putt
Un golfeur qui arrive sur un parcours de swin retrouve des repères familiers : un départ, une progression vers le drapeau, un green. Il perd en revanche son sac entier. Le choix du club disparaît, remplacé par le choix de la face et le dosage du geste.
La comparaison avec le pitch and putt est tentante, parce que les deux pratiques raccourcissent le parcours. Le pitch and putt reste du golf joué sur des trous courts, avec de vrais clubs et une vraie balle de golf. Le swin change le matériel lui-même : ce n’est pas un golf réduit, c’est un autre jeu.

Comment une seule canne remplace-t-elle plusieurs clubs ?
Trois faces, trois usages
La canne de swin golf porte une tête à trois faces, chacune réservée à un type de coup. Les guides pédagogiques les décrivent simplement : une face drive pour les longs coups, une face wedge pour les coups courts, et une face putter pour faire rouler la balle sur le green.
Vous n’avez donc plus à hésiter entre un fer 7 et un fer 9. La question devient : quel type de coup voulez-vous jouer ? Une balle à envoyer loin, une balle à faire monter un peu pour vous rapprocher du drapeau, ou une balle à faire rouler. Une fois ce choix fait, vous tournez la canne pour présenter la bonne face à la balle.
Une balle souple qu’on ne remplace pas
La balle est l’autre grande différence. Elle est molle et plus grosse qu’une balle de golf, tout en gardant un poids comparable selon les fédérations. Elle ne vole pas et ne roule pas de la même façon, et elle est faite pour cette canne-là.
Prendre une balle de golf classique pour « tester » est une fausse bonne idée. La canne et le parcours sont prévus pour la balle souple : une balle dure change le jeu, et elle n’a pas du tout le même comportement si elle part vers un autre joueur.
Le dosage remplace le sac
Sur un parcours de golf, une bonne partie de la distance se règle avec le club : on prend plus long pour aller plus loin. En swin, cette béquille n’existe pas. La distance vient de l’amplitude et du dosage. C’est ce qui déroute les golfeurs : un coup court et un coup plus long se jouent avec la même face, et seul le geste fait la différence.
Cette contrainte a un bon côté. Vous apprenez très vite à sentir votre mouvement, puisque vous ne pouvez pas compter sur le matériel pour corriger une distance. Beaucoup de golfeurs trouvent là un excellent travail du toucher.
Avant d’acheter, demandez le prêt
Le réflexe de beaucoup de débutants est de s’équiper avant même d’avoir joué. Je recommande l’inverse : demander si le parcours prête ou loue une canne et des balles pour une première partie. Vous jouerez avec du matériel adapté au terrain, et vous saurez après quelques trous si la pratique vous plaît assez pour investir.
Les faces, leur forme et leur ouverture varient d’un modèle à l’autre. Il n’existe pas de numérotation universelle des faces : fiez-vous à ce que vous montre la personne qui vous accueille plutôt qu’à une fiche produit lue en ligne.
Avant chaque coup, vérifiez d’abord quelle face regarde la cible, puis seulement votre position. En découverte, un coup raté vient souvent d’une face mal tournée bien plus que d’un manque de force.
- La balle doit aller loin et la zone devant vous est dégagée : face drive.
- Vous devez vous rapprocher du drapeau ou doser un coup court : face wedge.
- La balle est sur le green : face putter, pour la faire rouler.
Les règles de base, du départ jusqu’au trou
Les règles que l’on trouve en ligne viennent de guides pédagogiques et de règlements reproduits par des clubs. Elles donnent de bons repères de découverte. En compétition, c’est le règlement de l’épreuve et le cadre fédéral qui font référence : renseignez-vous sur place avant de jouer une carte qui compte.
Au départ, entre les deux marques
Chaque trou commence sur une zone délimitée par deux marques. La balle se joue entre les deux marques, sans les dépasser. Ensuite, elle se joue là où elle s’arrête : on ne frappe pas une balle en mouvement, et on ne la ramasse pas pour la poser à un meilleur endroit.
Tout coup intentionnel compte
Un point surprend souvent les débutants : un coup donné avec l’intention de frapper compte comme joué, même si la canne passe à côté de la balle. Un mouvement d’essai sans intention de toucher la balle n’est pas un coup joué, mais il n’est pas autorisé partout : le règlement publié par Rezé interdit les coups d’essai sur l’aire de départ. Faites vos essais loin de la balle, uniquement dans les zones où ils sont permis.

Les 15 cm : une tolérance très encadrée
Le règlement reproduit par le club de Rezé autorise à déplacer la balle de 15 cm. Cette tolérance ne vaut que sur la piste de jeu et sur le green du trou en cours. Le déplacement ne doit ni rapprocher la balle du trou, ni lui faire changer de nature de terrain : une balle dans les hautes herbes ne se pose pas sur la piste tondue.
Sur le green, marquer avant de relever
Une fois sur le green, vous passez à la face putter. Le trou est terminé quand la balle repose au fond du trou. Si vous devez relever votre balle, marquez sa position avant de la ramasser, puis replacez-la exactement au même endroit.
La sécurité avant chaque frappe
La balle est souple, la canne ne l’est pas. Avant chaque coup, vérifiez qui se trouve autour de vous, attendez que le groupe de devant soit hors de portée et gardez la maîtrise de votre canne pendant tout le mouvement.
Pour le reste, le savoir-vivre ressemble beaucoup à celui des parcours de golf : on ne retarde pas les autres, on laisse le terrain en bon état. Les principes de l’étiquette au golf donnent de bons réflexes, sans en importer les sanctions.
Que faire si la balle est perdue ou injouable ?
Les deux situations se ressemblent sur le terrain, mais elles ne se règlent pas de la même façon. Le guide pédagogique et le règlement publié par Rezé donnent les repères suivants, à confirmer dans le règlement de l’épreuve.
Balle perdue ou hors limites
Vous disposez de 5 minutes de recherche. Passé ce délai, ou si la balle est sortie des limites, vous revenez jouer au plus près de l’endroit du coup précédent, avec 1 point de pénalité. N’appliquez pas de mémoire les options du golf traditionnel : le swin a les siennes.
Balle injouable
Hors obstacle d’eau, le règlement de Rezé prévoit trois options, avec 1 point de pénalité : placer la balle à deux longueurs de canne au maximum sans se rapprocher du trou, reculer dans l’axe du drapeau et de la balle, ou rejouer depuis l’endroit du coup précédent. Le texte parle de placer la balle, pas de la lâcher comme on droppe au golf.
Les cas d’eau varient d’un parcours à l’autre. Demandez à l’accueil comment ils sont traités avant de partir.
Ces repères viennent du règlement reproduit par le club de Rezé. Le jour d’une compétition, c’est le règlement de l’épreuve qui tranche.
- les 15 cm ne valent que sur la piste de jeu et sur le green du trou en cours
- la balle ne doit jamais se rapprocher du trou
- elle ne doit pas changer de nature de terrain
- hors de cette tolérance, jouez la balle en l’état ou appliquez la règle adaptée : certains dégagements sont sans pénalité ; déclarer la balle injouable coûte 1 point et n’est pas possible dans un obstacle d’eau
Comment jouer un premier trou sans chercher la puissance ?
Les guides d’initiation suivent une progression simple : on apprend d’abord à faire rouler la balle, puis l’approche, et seulement ensuite les longs coups. Sur votre premier trou, la même logique vous évite de perdre la balle dès le départ.
Orienter la face, puis se placer
Avant de penser au geste, tournez la face vers la cible. Placez ensuite vos pieds, vos épaules et votre canne en fonction de cette face. Si vous faites l’inverse, vous construisez une belle position autour d’une face qui regarde ailleurs.
Le contact avant la force
Les golfeurs le savent, les débutants le découvrent vite : un bon contact vaut mieux qu’un coup fort. Chercher la puissance dégrade d’abord la qualité du contact, et la balle part de travers. Un geste plus court, bien centré, vous laisse une balle jouable au coup suivant, ce qui compte bien plus pour votre score.
Un trou découpé en étapes
Prenons un trou comme exemple pédagogique. Au départ, vous visez une zone dégagée plutôt que le drapeau, et vous jouez la face drive avec une amplitude que vous contrôlez. Vous allez ensuite voir où la balle s’est arrêtée, sans chercher à juger le coup sur sa seule distance.
De là, vous choisissez une nouvelle cible, plus proche du trou. Plus vous approchez, plus le dosage prend le pas sur l’amplitude, et la face wedge devient votre meilleure alliée. Le dernier coup avant le green n’a pas besoin d’être parfait : il doit surtout laisser une balle facile à faire rouler.
Sur le green, un mouvement de pendule
Avec la face putter, le geste devient un mouvement pendulaire des épaules. Les poignets restent calmes, et c’est la longueur du mouvement qui règle la distance. Sur les premiers trous, regardez surtout la vitesse : une balle qui s’arrête près du trou est un bon coup, même si elle ne rentre pas.
Un parcours joué à Chambray lès Tours
Thomas Nuzzaci montre une partie réelle sur le parcours de Chambray lès Tours, avec les choix et les coups qui rythment une partie de swin golf. Une observation concrète pour relier les principes de dosage et de placement à la réalité du terrain.
Où jouer au swin golf en France ?
Commencer par l’annuaire fédéral
Un point de départ fiable reste l’annuaire de la fédération, dans la rubrique « Où jouer ? » du site leswin.com. Il recense les structures et les classe par ligue. Une ligue est une organisation sportive : elle ne correspond pas toujours à une région administrative, et l’annuaire mentionne aussi des clubs hors de France.
La méthode est simple. Vous repérez une ou deux structures à distance raisonnable, puis vous passez par leur contact officiel, plutôt que par une fiche d’annuaire général ou un avis ancien glané sur un forum.
Quelques noms pour vous orienter
Parmi les structures recensées, on trouve notamment l’AS Montenois Swingolf, Multi Golf Meslay, le Swin Club Quelaines, Pays d’Ancenis SwinGolf, les clubs de Bouaye, de Rougé, de Brou et de Rezé, ou encore le Swin-Golf de l’Hippodrome. Cette liste est un point de départ, pas un classement.
Leur présence dans l’annuaire confirme qu’ils existent et qu’ils sont rattachés à la fédération. Elle ne dit rien de leurs créneaux, de leur matériel de prêt ni de leur ouverture aux visiteurs le jour où vous voulez venir.
Rezé, un parcours qui change avec les saisons
Le club de Rezé illustre bien une réalité du swin : son parcours change entre l’été et l’hiver, et peut être modifié selon l’état du terrain. Le club publie ses cartes de parcours, une carte de score téléchargeable et une voie de contact.
C’est exactement le type d’information à consulter avant de partir. Sur un terrain rustique, la météo des jours précédents décide parfois quels trous sont jouables, et le découvrir sur place gâche une sortie. Le même club publie aussi ses règles : une bonne façon d’arriver en sachant ce qui vous attend.
Un club de compétition n’est pas un guichet ouvert
Un club qui apparaît dans une rubrique compétition a une activité sportive, c’est une certitude. Cela ne garantit pas un accueil libre en loisir. Selon les structures, les visiteurs peuvent être reçus sur certains créneaux seulement, ou après une prise de contact préalable. Seul un échange avec le club vous le dira.
- Le parcours accueille-t-il des visiteurs au créneau que vous visez ?
- Une canne et des balles peuvent-elles être prêtées ou louées ?
- Une initiation est-elle proposée pour une première partie ?
- Faut-il réserver à l’avance ?
- Quel format est prévu, 9 ou 18 trous, et quelle durée prévoir ?
- Quelles conditions d’assurance ou de licence s’appliquent à un visiteur ?
- Quel est le total à payer, matériel compris ?
Avant votre premier parcours de swin golf : choisir, puis confirmer
Le plus dur n’est pas d’apprendre les trois faces. C’est de trouver le bon parcours au bon moment. Partez de l’annuaire fédéral, retenez deux ou trois structures accessibles, et consultez leur site ou leur page de contact plutôt qu’une information ancienne.
Un message ou un appel suffit ensuite à lever l’essentiel. Demandez si l’accueil est possible au créneau qui vous intéresse, si une canne et des balles vous seront prêtées, et si quelqu’un peut vous montrer les faces avant le premier trou.
Pensez aussi aux conditions moins visibles : l’assurance ou la licence demandée à un visiteur, le tarif complet, matériel compris, et les consignes en cas de terrain détrempé. Un parcours rustique change vite après la pluie, et certains clubs adaptent justement leurs trous à la saison.
Le jour venu, gardez trois repères en tête : la face d’abord, le contact avant la force, et une balle qui se joue là où elle s’arrête. Avec ces quelques règles simples, votre première partie de swin golf vous apprendra plus que n’importe quelle lecture.
- Fédération de swin golf, présentation de la discipline, leswin.com
- Fédération de swin golf, annuaire « Où jouer ? », leswin.com
- UFOLEP/USEP Calvados, règles du swin golf (guide pédagogique), s87cc3f06649e0a4d.jimcontent.com
- Swin golf de Rezé, la technique et les règles, swingolfdereze.fr
- Swin golf de Rezé, le parcours et la carte de score, swingolfdereze.fr
📷 Crédits photos
France Golf / France-golf
Swin golf : vos questions fréquentes
Le swin golf est-il la même chose que le swing au golf ?
Non. Le swing est le geste du golfeur, quelle que soit la discipline. Le swin golf, écrit sans g, est un sport à part, avec une canne unique à trois faces, une balle souple et ses propres règles.
Peut-on jouer au swin golf avec une balle de golf classique ?
Ce n’est pas conseillé. Le swin se joue avec une balle spécifique, molle et plus grosse qu’une balle de golf, pour un poids comparable selon les fédérations. Une balle dure change le jeu et n’a pas le même comportement sur le parcours.
Faut-il acheter sa propre canne pour essayer ?
Pas forcément. Demandez d’abord au parcours choisi s’il prête ou loue une canne et des balles. Ce service n’est pas garanti partout, d’où l’intérêt de poser la question avant de venir.
Faut-il une licence pour une partie découverte ?
Cela dépend de la structure qui vous accueille. Une visite de découverte et une compétition ne relèvent pas des mêmes conditions. Renseignez-vous auprès du club sur la licence et l’assurance demandées aux visiteurs.
Combien de temps dure une partie de swin golf ?
Il n’existe pas de durée universelle. Tout dépend du nombre de trous joués, de la taille de votre groupe et de l’affluence. Le plus simple est de demander au club la durée à prévoir pour la boucle et le créneau qui vous intéressent.
Le swin golf se pratique-t-il en compétition ?
Oui. La discipline a sa fédération, ses ligues et ses championnats. Si la compétition vous attire après quelques parties, l’annuaire fédéral vous oriente vers les clubs qui y participent.